đŸŸ„ [Extrait] Suppression de l’astreinte en raison d’une cause Ă©trangĂšre liĂ©e Ă  des difficultĂ©s d’exĂ©cution tenant au comportement des locataires 

Faits : 

1. Selon l’arrĂȘt attaquĂ© (Besançon, 27 juin 2019), un jugement d’un tribunal d’instance du 4 juillet 2013, signifiĂ© le 16 janvier 2015, irrĂ©vocable, a condamnĂ© M. Y… Ă  rĂ©aliser, sous astreinte de 15 euros par jour de retard Ă  compter du troisiĂšme mois suivant sa signification, divers travaux destinĂ©s Ă  rendre dĂ©cents les lieux qu’il avait donnĂ©s Ă  bail Ă  M. X… et Mme Z… (les consorts X…-Z…).

2. Le 20 dĂ©cembre 2017, les consorts X…-Z… ont saisi un juge de l’exĂ©cution aux fins de liquidation de l’astreinte prononcĂ©e.

ApprĂ©ciation de la cour d’appel :

4. L’arrĂȘt, aprĂšs avoir constatĂ© que certains travaux prescrits par le jugement n’ont toujours pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s, relĂšve que l’attestation en date du 29 janvier 2018 de M. U…, artisan chauffagiste, indique qu’il est intervenu Ă  plusieurs reprises chez M. X… pour des travaux sanitaires, mais que ce dernier n’a jamais acceptĂ© ses interventions.

5. Il relate que l’attestation de Mme W… Ă©numĂšre les difficultĂ©s auxquelles se sont heurtĂ©s M. Y… et les artisans pour Ă©tablir les devis et faire les premiers travaux et rappelle que M. X… a indiquĂ©, dans un courrier du 5 octobre 2013, qu’il refusait que l’artisan en charge de crĂ©er une piĂšce d’eau ait accĂšs Ă  l’eau et Ă  l’électricitĂ© de son domicile.

Solution de la Cour de cassation [rejet du pourvoi] :

6. En l’état de ces Ă©nonciations et constatations, relevant de son apprĂ©ciation souveraine de la valeur et de la portĂ©e des Ă©lĂ©ments de fait et de preuve produits, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de suivre les parties dans le dĂ©tail de leur argumentation, en a souverainement dĂ©duit que M. Y… s’était heurtĂ© Ă  des difficultĂ©s d’exĂ©cution, tenant au comportement des locataires, constituant une cause Ă©trangĂšre au sens de l’article L. 131-4, alinĂ©a 3, du code des procĂ©dures civiles d’exĂ©cution.

7. Le moyen n’est, dĂšs lors, pas fondĂ©.

Portée de la décision :

C’est dans l’exercice de son pouvoir d’apprĂ©ciation souverain qu’une cour d’appel, aprĂšs avoir souverainement apprĂ©ciĂ© la valeur et la portĂ©e des Ă©lĂ©ments de fait et de preuves produits devant elle, juge que le propriĂ©taire d’un appartement donnĂ© Ă  bail, dĂ©biteur de l’astreinte assortissant sa condamnation Ă  y rĂ©aliser certains travaux, s’est heurtĂ© Ă  une cause Ă©trangĂšre, au sens de l’article L. 131-4, alinĂ©a 3, du code des procĂ©dures civiles d’exĂ©cution, tenant au comportement des locataires, bĂ©nĂ©ficiaires de celle-ci.


Cass., 2civ., 11 février 2021, n°19-23.240