Le 8 janvier 2020, la commission mixte paritaire (CMP) rĂ©unie, sous la prĂ©sidence de Philippe Bas, prĂ©sident de la commission des lois du SĂ©nat, pour examiner les dispositions restant en discussion de la proposition de loi visant Ă lutter contre les contenus haineux sur internet nâest pas parvenue Ă un accord.
Le SĂ©nat avait, en premiĂšre lecture, confortĂ© le texte adoptĂ© par lâAssemblĂ©e nationale en apportant des modifications nombreuses destinĂ©es Ă Â responsabiliser les grandes plateformes afin quâelles se mobilisent davantage dans la lutte contre la propagation de certains « discours de haine » sur internet. Il lâavait ainsi profondĂ©ment modifiĂ© afin de :
– clarifier la rĂ©gulation administrative des grandes plateformes pour mieux tenir compte des exigences du droit europĂ©en (directive « e-commerce ») ;
– mieux sâattaquer Ă la viralité des discours de haine ainsi quâĂ leur financement par la publicitĂ©, et promouvoir lâinteropĂ©rabilitĂ© entre plateformes pour garantir aux victimes un passage plus fluide de lâune Ă lâautre.
Pour Philippe Bas, prĂ©sident de la commission des lois, « nous partageons lâobjectif poursuivi par ce texte, lutter contre la diffusion de contenus haineux et illicites sur internet. Câest sur la maniĂšre de rĂ©pondre au problĂšme, sur les solutions concrĂštes, que nos approches divergent. Le SĂ©nat a abordĂ© lâexamen de ce texte dans un esprit ouvert et constructif : en tĂ©moignent les nombreuses amĂ©liorations proposĂ©es en commission et en sĂ©ance, Ă©manant de quasiment tous les groupes politiques. Nous avons tentĂ© de tenir la ligne de crĂȘte entre, dâune part, la protection des victimes de haine et, dâautre part, la protection de la libertĂ© dâexpression telle quâelle est pratiquĂ©e dans notre pays.«Â
Or, les dĂ©putĂ©s ont souhaitĂ© la restauration dâun dispositif pĂ©nal inabouti et inefficace que les sĂ©nateurs membres de la CMP nâont pas jugĂ© acceptable. Comme le souligne Christophe-AndrĂ© Frassa, rapporteur, « notre principale divergence avec les dĂ©putĂ©s concerne lâarticle 1er, qui crĂ©e un dĂ©lit de « non retrait » en 24 heures des contenus haineux. Ce dispositif est juridiquement inabouti, contraire au droit europĂ©en et dĂ©sĂ©quilibrĂ© au dĂ©triment de la libertĂ© dâexpression« .